Expositions du MoMA

 

Image du MoMA

Fondé en 1929, le MoMA s’est très vite imposé comme le plus important et le plus influent musée d’art moderne. Intimement lié – par sa politique d’exposition et d’acquisition – à la vision nouvelle de ses fondateurs, les Rockefeller, le musée s’est très vite développé dans de multiples activités artistiques : du design à la peinture, de l’architecture à la photographie en passant même par la musique. Mais les orientations stratégiques du musée ne furent pas seulement liées aux intérêts de ses fondateurs ou à son premier directeur, Alfred H. Barr Jr. Le musée s’est construit une place dans l’histoire, celle de l’art bien sûr, mais aussi politique, sociale, économique. Il a contribué à la construction d’une histoire, d’une identité artistique américaine, d’une idéologie culturelle et politique en contribuant notamment à la diffusion des idées libérales lors du dernier conflit mondial et pendant la guerre froide, ce qui lui value, notamment, d’être considéré comme l’une des « meilleures recrues de l’oncle Sam ».

Parmi les projets mis en place par le MoMA et qui répondirent à une problématique de propagande, de défense des intérêts américains ou de lutte contre le communisme pour la « liberté de la culture », il y eut la conception d’expositions faites pour circuler dans le monde grâce à un Programme International soutenu. On retient, notamment, The Family of Man d’Edward Steichen, exposition documentaire photographique dont plusieurs copies circulèrent. Mais les artistes modernes, à commencer par ceux de l’école de New York, « servirent », eux aussi, de support plus ou moins officiel au combat idéologique et à la propagation de l’american way of life. Parmi ces expositions, un certain nombre d’entre-elles furent soutenues par des fonds secrets issus de la CIA ; les gouvernements successifs ne voulaient pas soutenir officiellement un art qui, certes servait de support pour la défense d’une conception capitaliste du monde, mais restait au cœur même de l’Amérique, un sujet de conflit culturel.

Le MoMA endossa ainsi, une posture politique en prenant cette responsabilité dans des grandes expositions internationales, de la Biennale de Venise (de 1954 à 1962) à des expositions comme The New American Painting ou Antagonismes (1960).