Collaboration avec la Biennale de São Paulo

La Section des Arts visuels a engagé une collaboration avec la Biennale de São Paulo dès la première édition en 1951. Le degré d’implication de Gómez-Sicre a été très divers : il fut commissaire de l’exposition cubaine trois fois de suite ; il a régulièrement soumis à la Biennale des listes d’artistes modernes de toute l’Amérique latine qu’il jugeait aptes, en termes de qualité et d’orientation esthétique, à être représentés à São Paulo ; il est intervenu personnellement, en dehors des canaux officiels, pour que certains artistes et même certains pays puissent être représentés ; il a obtenu et dirigé, à sa discrétion, entre la IIIe et la IXe Biennale, un espace dédié à l’OEA ; il fut membre du jury international pour les prix de la Ve Biennale ; et il a influencé, directement ou indirectement, certaines des plus importantes acquisitions d’art latino-américain (non brésilien) que le Musée d’art moderne de São Paulo a réalisées à l’occasion des différentes éditions.

Mais selon le chercheur Alessandro Armato, cette synergie de forces ne peut s’expliquer sans tenir compte également de l’alignement politico-esthétique sous-jacent qui existait, dans le cadre historique de la guerre froide, entre la Section des arts visuels de l’OEA, le Musée d’art moderne de São Paulo et ce qui était le principal centre de diffusion de l’art « formaliste » en Amérique latine : le Musée d’art moderne de New York. Bien qu’avec quelques différences importantes, qui ne peuvent être développées ici, ces trois institutions se sont déplacées au sein d’une idée libérale-modérée du panaméricanisme et de la modernisation, dont Nelson Rockefeller, fondateur du MoMA fut l’un des principaux promoteurs. Ces institutions ont en fait travaillé en réseau pour élever l’art moderne en Amérique latine à des normes de qualité internationales, en le purgeant des résidus de l’impressionnisme tardif et, surtout, de l’art nationaliste et social issue de l’expérience muraliste mexicaine.

De gauche à droite : Francisco Matarazzo Sobrinho Jr, René D’Harnoncourt, Yolanada Penteado et Nelson Rockefeller lors de la signature de l’accord de coopération entre le MoMA et le Musée d’art Moderne de São Paulo, New York, 1950. Photo : FOLHA.

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