Exposition La ville inadaptée

Exposition du 19.04 au 20.07.2013
La Tôlerie, espace d’art contemporain, la ville de Clermont-Ferrand
www.lavilleinadaptée.eu
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Artistes : Yves Belorgey, Simon Boudvin, Luc Deleu, Séverine Hubard, Zhenchen Liu, Christina Solomoukha, Rapahël Zarka

L’exposition propose de réfléchir au rapport que nous entretenons avec notre environnement architectural et urbain à travers la notion « d’approprié » ou « d’adapté/inadapté ». Le concept de la cité, porté par les sociétés modernes depuis la charte d’Athènes, est-il adapté à notre expérience de la ville ?
Empruntant la notion « d’inadaptée » à l’architecte et artiste belge Luc Deleu, cette exposition met en exergue un questionnement sur le changement et l’évolution de nos environnements en fonction des usages et des pratiques que nous en avons. Penser un organisme architectural ou urbain en fonction d’une situation, d’une fonction ou d’un désir, n’est – ce pas faire en sorte qu’il soit inadapté lorsque le contexte aura changé. Quel devenir, dans ce cas, pour ces formes construites de la ville qui sont pensées à priori ?

L’exposition présentait les œuvres de 7 artistes internationaux qui, chacun à leur manière, portent un regard critique sur nos milieux urbains. Ainsi, l’inadapté se révèle dans des œuvres dont les artistes empruntent leurs protocoles à la pratique de l’archéologie (Simon Boudevin, Zhenchen Liu) ou à celle du documentaire (Yves Belorgey), répondant ainsi à une nécessité de documenter et d’analyser le monde qui nous entoure. L’archéologie d’un site urbain en révèle parfois son caractère inapproprié. Ces pratiques mettent en évidence les formes déchues, les reliques d’une construction dont l’inadaptation  ne lui a pas permis de traverser le temps.
Cette exposition fut également l’occasion de découvrir une nouvelle production in situ de Séverine Hubard qui emprunte régulièrement aux domaines de l’architecture et de l’urbanisme dans des installations qui jouent souvent sur des notions d’échelle, de prototypes, faites d’assemblages de matériaux et d’objets les plus hétéroclites.
L’exposition a également mis en évidence le paroxysme du modernisme architectural depuis la charte d’Athènes. La vidéo Under Construction de Zhenchen Liu et l’installation de Kristina Solomoukha, City of Continuous Present – œuvre dont la présentation a été repensée pour l’espace de la Tôlerie – révèle ce mouvement général qui anime les grandes métropoles des pays émergeants et qui modèle le visage des villes en fonction des mutations économiques. L’exposition proposa également de porter un regard sur ceux qui détournent les codes et les éléments urbains. Raphaël Zarka, dans Riding Modern Art, questionne la réappropriation par les skateurs, d’espaces urbains et plus spécifiquement de la sculpture moderne dans l’espace public.

 
Vues d’expositions : © Benoit Villain et les artistes, 2016