Vers le Planétarium

Vers le planétarium, 2017.
Impression numérique rehaussée d’aquarelle, 994,8 mm x 694,8 mm.

« Rien ne distingue davantage l’homme antique de l’homme moderne que son abandon à une expérience cosmique que ce dernier connaît à peine. Le déclin de cet abandon s’annonce déjà à l’apogée de l’astronomie, au début des temps modernes. Kepler, Copernic, Tycho Brahen’étaient certainement pas mus exclusivement par des impulsions scientifiques. Il y a cependant, dans l’importance exclusive accordée à la relation optique avec l’univers, résultat auquel l’astronomie a très top abouti, un signe précurseur de ce qui devait arriver. Les rapports de l’Antiquité avec le cosmos s’instauraient d’une autre façon : dans l’ivresse. L’ivresse est en effet l’expérience par laquelle nous nous assurons seuls du plus proche et du plus lointain, et jamais l’un sans l’autre. »

Walter Benjamin, « Vers le Planétarium ». Ecrit entre 1923 et 1926. Publié en 1928 dans Sens Unique, Ernst Rowolt, Berlin. Traduction : Jean Lacoste.